So' Fatoo

Nous appelons l'Aïd el-Kebir Tabaski au Sénégal.

C'est une fête très attendue, probablement la plus joyeuse de l'année.

Il est difficile de distinguer les traditions musulmanes des traditions culturelles au Sénégal. Elles sont tellement entremêlées qu'il peut falloir des années pour réaliser que quelque chose que l'on pensait être un acte de culte n'était en fait qu'une répétition des coutumes de ses ancêtres.

Aïd el-Kebir dans l'Islam commémore la fin du Hajj (pèlerinage) et le sacrifice que le prophète Ibrahim (paix soit sur lui) a été invité à faire.
Allah SWT lui montra un rêve dans lequel il sacrifiait son fils Ismaël. Un ordre qu'il accepta, tout comme son fils Ismaël.
Un tafsir intéressant de Numan Ali Khan attire notre attention sur le fait qu'Allah SWT ne teste que celui qu'Il aime, et plus Son amour est grand, plus le test est grand.

Le père d'Ibrahim, qui était un mécréant, l'avait abandonné lorsqu'il commença à prêcher le Dieu unique et vrai, et il tenta même de le tuer en s'associant aux gens qui voulaient le brûler vif.

Pourtant, Allah SWT avait demandé à Ibrahim d'abandonner son fils et sa femme dans le désert et lui demandait maintenant de tuer son fils. Il lui demandait de faire à son propre fils ce que son père lui avait fait, ce qui lui avait probablement causé beaucoup de chagrin.

Ibrahim n'a pas hésité à obéir aux deux commandements et Ar Rahman, en retour, a pris soin d'Ismaël et de sa mère à La Mecque et a béni sa descendance dont sont issus presque tous les prophètes. Quant au sacrifice, Il a remplacé Ismaël par un agneau, et c'est de là que vient la tradition du sacrifice de l'Aïd.

Ce que nous commémorons, c'est donc notre obéissance en tant que croyants et la miséricorde de notre Créateur envers nous.

L'Aïd est notre fête. Il est obligatoire pour les musulmans de s'habiller joliment, de porter des vêtements neufs si possible et de gâter les enfants.

Au Sénégal, cela se traduit par un véritable festival de mode, une fête culinaire et des célébrations familiales mémorables.

Les hommes et (de plus en plus de) femmes vont de nos jours à la prière de l'Aïd à 9 heures du matin, jeûnant, répétant des litanies (Me voici, ô Seigneur, me voici…).

Nous demandons pardon les uns aux autres après la prière et prions pour la longévité avec le célèbre ” Dewenati ” qui signifie, en gros, que nous vivions encore un an.

Nous rompons le jeûne avec du foie grillé et du porridge traditionnel, puis les hommes vont en groupes familiaux rendre hommage aux voisins pendant que les femmes préparent le repas.

Il n'est pas nécessaire de vous dire qu'on sent le grillé partout en ville, et c'est ce qui m'a le plus manqué lorsque j'ai passé l'Aïd au Maroc, où les gens ne cuisinent la viande du sacrifice que le lendemain.

Dans la tradition sénégalaise, chaque mouton sacrifié est divisé d'une manière précise avec une part pour le boucher, une part pour les pauvres, une part pour les beaux-parents et une part pour la famille.

Après le déjeuner, les gens se reposent, souvent pour faire la sieste. Ils s'habillent généralement après la prière de l'asr (17h). Les enfants se promènent dans le quartier en demandant des friandises et les familles se réunissent chez les grands-parents.

C'est toujours une journée remplie de souvenirs, de gratitude et d'espoir pour la nouvelle année à venir. Elle garde les meilleurs souvenirs de mon enfance jusqu'à aujourd'hui !

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